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    • Hono a Kahuna, le verre sublimé

      Publié à 18:30 par Ecrivain Public Tahiti, le avril 24, 2019

      Aujourd’hui, votre écrivain public préféré vous emmène à la rencontre de Mereana Cheung, artisan-graveur sur tous types de support. C’est dans son atelier situé à Paea qu’elle nous reçoit.

      Mereana Cheung n’a pas toujours été artisan-graveur. En 2014, lorsqu’elle décide de se lancer dans la gravure du granit, elle occupait un poste d’assistante administrative dans un bureau de défiscalisation. A cette époque, l’avenir de ce domaine semblait assez incertain et il lui a paru inévitable de devoir se préparer à une éventuelle perte d’emploi.

      La gravure sur granit

      Par un couple d’amis entrepreneurs funéraires, elle entend régulièrement parler des problèmes qu’ils rencontrent avec leur fournisseur de plaques de granit gravées. C’est au fur et à mesure de leurs rencontres que l’idée grandit en elle de s’intéresser à ce domaine. Elle n’a, bien sûr, aucune connaissance ni aucune formation de base. Elle décide donc d’apprendre en autodidacte. “J’ai d’abord regardé des tutoriels sur Youtube pour savoir quelles étaient les machines utilisées. J’ai vraiment épluché les sites funéraires pour avoir des infos sur le granit, les plaques, tout quoi !”. Après toutes ces recherches, Mereana est décidée. “J’ai fait un prêt perso. J’ai acheté la sableuse, le corindon, le papier à sabler et une machine laser, mais je ne savais pas du tout m’en servir. Quand j’ai reçu ma machine en fin 2013, je me suis mise à temps partiel sur mon poste pour avoir du temps pour mon activité.” Au début, Mereana apprend, sur le tas, l’utilisation de ses machines. “J’ai fait beaucoup de tests et il y a eu pas mal de ratés ! Je suis allée voir les entreprises funéraires locales pour savoir s’ils ne proposaient pas de stage. J’étais même prête à payer le stage juste pour être formée ! Mais non, ils ne font pas ça !”

      Un saut dans le vide sans parachute

      Malgré tout, Mereana continue de se former toute seule. Elle apprend à maîtriser l’utilisation de la sableuse, affine les réglages. Sa clientèle, principalement fournie par les entreprises funéraires, se développe de plus en plus, ce qui la mène, finalement, à s’y consacrer à temps plein. “Le 9 mai 2017, j’ai démissionné. C’était le flip total ! Je me demandais comment j’allais faire si je n’avais pas de client ! Tant que tu es salariée, tu as un peu de sous qui tombent, mais là, tu dois faire ton salaire, il y a la CPS à payer, ça fait peur tout ça ! Tu sautes dans le vide, et tu n’as pas de parachute.” Mais Mereana reconnaît aussi le côté excitant de l’aventure. “Il n’y a pas de secret, si je ne travaille pas, j’ai pas de sous, donc on bosse, on bosse…”.

      Une formation au marketing

      En mars 2016, Mereana intègre la Business Maker Academy, où elle apprendra, entre autres choses, à utiliser Facebook pour faire son marketing. Retrouvez son témoignage ici à propos de la BMA.

      Elle fera partie, durant un an et demi, du collectif “Terre d’Art Tahiti”, où elle apprendra l’art de mettre en valeur ses créations lors des expositions. “Les artisans métropolitains ont une façon différente de présenter leur étal. Ils font tout une mise en scène, ils jouent sur le tissu, les formes, les volumes. Ils m’ont aussi aidée à mettre un tarif sur mes réalisations. C’est vraiment un plus. C’est la même chose pour le packaging, l’emballage. C’est aussi là que j’ai réalisé que le “fait main” est d’une grande valeur et qu’il y a une clientèle qui recherche cela.”

      Le bouche à oreille, la page FB lui permettent de diffuser ses créations. Toutefois, Mereana n’a pas encore réussi à dégager un bénéfice suffisant pour se constituer un salaire : “Je gagne tout juste de quoi payer mes factures.”

      Diversifier ses activités

      En plus de la gravure sur granit, qui représente actuellement 80% de son chiffre d’affaire, Mereana a développé la gravure sur verre à la main. “Je suis une artiste. Je préfère consacrer mon temps à réaliser les motifs qui seront gravés sur les pièces de verre. C’est pour ça que j’ai embauché une personne à mi-temps. Je la forme sur l’utilisation de la sableuse pour qu’elle s’occupe de répondre aux commandes. A côté de ça, je compte travailler avec une autre personne pour la gravure du verre. Je garderai les grosses pièces et elle s’occupera de graver les autres pièces avec les motifs que j’aurai réalisés.” Le souci principal auquel Mereana est actuellement confrontée est la constitution de son stock. C’est ce qui l’empêche de pouvoir démarcher auprès de gros clients, comme les hôtels, par exemple. “Pour la suite, j’ai vraiment envie de me consacrer à la gravure sur verre à la main, pour une clientèle haut de gamme.”

      Les motifs marquisiens

      Les gravures sur verre de Mereana représentent toujours des éléments, des motifs du tatouage marquisien. “J’aime beaucoup les motifs marquisiens et pour moi, le tatouage n’est pas qu’esthétique. Les symboles sont emplis de “mana”, ils sont liés à des familles, à des castes et il faut les respecter. Certains symboles ne peuvent pas être associés car les “tupuna” auxquels ils appartiennent étaient ennemis. J’explique ça à mes clients, mais certains ne m’écoutent pas. Quelquefois, je ne peux pas graver, ça ne passe pas, ce qui m’oblige à m’adapter. Quand je termine une pièce et que je me sens bien, je sais que mon travail a été “accepté”. »

      Des difficultés personnelles

      Une chose que Mereana a remarqué depuis la création de son entreprise, c’est le lien qui existe entre la bonne marche de son business et l’état de son moral. L’an dernier, elle traverse une période difficile à cause de sa santé qui a directement impacté sa vie de couple. “Parce que je n’étais pas bien physiquement et moralement, il n’y avait pas de clients qui m’appelaient, c’est comme si on me laissait tranquille. Dès que j’ai commencé à aller mieux, les commandes sont revenues, en mp, par mail. Le business est intimement lié à la vie privée.” C’est en grande partie grâce aux séminaires de développement personnel mais également au soutien de ses amis que Mereana a réussi à surmonter ses difficultés. “Maintenant, j’ai pris du recul, j’ai reconnu ma part de responsabilité dans nos problèmes. C’est ce qui a été le plus dur. J’ai appris à communiquer différemment. Quand on lâche prise, le business est vraiment florissant.”

      Son message

      “Fais ce que tu aimes, ce qui te passionne, ce qui fait vibrer ton âme. Se lancer dans un business qui est ta passion, même quand les fins de mois sont un peu difficiles, c’est ça la Vie ! Il faut affronter les difficultés avec courage, avoir suffisamment de respect pour soi pour reconnaître ses propres erreurs et assez de tolérance pour reconnaître sa propre valeur.”

      Vous pouvez retrouver Mereana et ses oeuvres sur sa page FB “Hono a Kahuna” et sur son site www.gravuretahiti.com

      Texte et photo: Meria Orbeck / Avril 2019

      Posté dans Entrepreneurs de la BMA | 1 commentaire | Tagué business, business maker academy, femme, gravure, tatouage marquisien
    • Secrétaire express !

      Publié à 18:39 par Ecrivain Public Tahiti, le avril 23, 2019

      Votre écrivain public préféré vous propose aujourd’hui de découvrir le parcours de Mélodie Metua. Cette charmante jeune femme nous raconte ce qui l’a amenée à créer sa propre petite entreprise.

      Nous rencontrons Mélodie autour d’un verre dans un hôtel de Pirae. Quoi de mieux qu’un cadre agréable pour une discussion amicale ?

      Les origines

      Mélodie vient de la presqu’île, plus exactement de Faaone. Elle est maman d’une petite fille de 4 ans.
      Son cursus scolaire est classique. Après son bac, elle a travaillé en tant qu’intérimaire, tout en préparant son BTS en management, qu’elle obtient avec succès. Lancée dans la vie active, elle trouve un emploi de secrétaire médicale dans un cabinet de Papeete. Elle y restera jusqu’en 2018. “Au bout de cinq ans en tant que salariée, j’ai compris je devais faire une pause”, nous dit-elle. Elle décide donc de démissionner.

      Un besoin de se retrouver

      Cette décision radicale intervient aussi à un moment où Mélodie se remet en question. Dans sa famille, ses parents, dont elle est très proche, traversent une crise de couple qui lui fait mal au coeur. Pour elle, c’est une situation difficile à vivre, mais elle ne sait pas comment les aider. Toutefois, Mélodie ne perd pas espoir.

      En juillet 2018, elle choisit de suivre la formation dispensée par la Business Maker Academy. “J’avais besoin de me recentrer sur moi-même et je cherchais ce que je pouvais faire pour travailler à mon compte.”
      Au sein de la BMA, Mélodie trouve tout d’abord des réponses à toutes les questions qu’elle se pose au sujet de son projet d’entreprise et surtout un réseau de professionnels avec qui elle peut travailler. Je vous invite à cliquer ici pour découvrir son témoignage au sujet de la BMA.

      Voler de ses propres ailes

      En cours d’année 2018, forte de ce qu’elle apprend au sein de cette école de commerce, Mélodie entreprend de devenir secrétaire patentée : “J’ai suivi les conseils donnés de me servir de ce que je sais faire.” Ainsi naît “Admin Express”, où elle offre des services de secrétariat, gestion de mails, saisie de données ou de factures mais également un service de permanence téléphonique. “Je peux travailler sur site ou depuis mon domicile, en fonction des besoins de mes clients.”

      Un équilibre retrouvé

      Depuis, Mélodie est plus heureuse. “J’ai plus de temps pour moi et pour ma fille.” Quant à la situation de ses parents, Mélodie retient ceci : “J’ai compris que je devais lâcher prise. Maintenant, je sais que les épreuves que j’ai traversées m’ont aidée à grandir, à me rendre plus forte.” La jeune femme préfère, à présent, se focaliser sur les solutions plutôt que sur les problèmes. Cette nouvelle attitude, elle la doit aux différents séminaires suivis. “J’ai appris à demander, à ne plus rester dans mon coin. Je vais vers les autres. Je fais aussi de la méditation, ce que je ne faisais pas avant. J’aime beaucoup ! Ca m’aide à rester focus.”

      Parmi ses nouvelles activités, il y a aussi la lecture. “Je lis beaucoup plus. A la BMA, Steeve nous a conseillé quelques livres, comme “Les Secrets d’un Esprit Millionaire” (de T. Harv Eker). J’ai soif d’apprendre !” Toutefois, elle préfère les ouvrages de développement personnel. Voici une petite liste des livres qui lui ont particulièrement plu et dont elle nous recommande la lecture :
      – Miracle Morning (Hal Elrod)
      – Les quatre accords toltèques (Miguel Ruiz)
      – Les 5 langages de l’amour (Gary Chapman)
      – Trouver son ikigai (Christie Vanbremeersch)
      – Père riche, père pauvre (Robert T. Kiyosaki)

      Son message

      “Il faut accepter ce qui se passe dans la vie et lâcher prise sur les événements extérieurs, il faut se focaliser sur les solutions, sinon on n’avance pas. Les problèmes sont là pour nous faire grandir. On ne doit pas les éviter mais les affronter.”

      Texte : Meria Orbeck de Ecrivain Public Tahiti / Photo : Mélodie Metua

       

      Posté dans Entrepreneurs de la BMA | 1 commentaire | Tagué business maker academy, entrepreneur, famille, femme, secrétariat
    • Je suis un surdoué de l’informatique !

      Publié à 18:22 par Ecrivain Public Tahiti, le mars 22, 2019

      Aujourd’hui, votre écrivain public préféré vous propose d’aller à la rencontre d’un jeune homme de Arue, Ariitaia Taupua. Celui-ci nous fait découvrir son parcours et sa passion pour la vidéographie.

      “J’étais terrible !”

      Ariitaia n’a pas eu une enfance simple et rose, loin s’en faut ! Après le divorce de ses parents, il est confié à la garde de son père et va vivre à la presqu’île avant de revenir vers la ville. Il sera scolarisé dans différents établissements et finira au lycée du Taaone. Traumatisé par les violences familiales, il devient un élève colérique et agressif : “A l’école, je tapais sur tous ceux que je n’aimais pas, sans raison. J’étais nul en classe, toujours le dernier. En terminale, j’étais terrible, je me battais souvent. Finalement on m’a foutu dehors !”. Il sortira sans la possibilité de passer le bac mais quand même avec un BEP de dessinateur-projeteur en topographie.

      Une vie de débrouille

      Lancé dans la vie active avec son seul diplôme, Ariitaia commence par un petit job de surveillant dans une école publique. En parallèle, il passe un diplôme de secouriste et intervient sur des postes de secours. Il apprend à socialiser, à aider l’autre. “J’étais entouré de bonnes personnes avec qui on pouvait rigoler. Cela m’a permis de changer ma façon de me comporter par rapport aux autres. Cela m’a beaucoup aidé.”

      Cependant, tout ce qu’il fait ne répond pas à ce qui le passionne. Car depuis longtemps, Ariitaia a développé un grand intérêt pour l’électronique et l’informatique. “Au lycée, je n’ai pas pu suivre cette formation parce que je n’avais pas le niveau en français. Je n’ai pas eu de place car on ne prend que les meilleurs. A cause de mes mauvaises notes en français, je n’ai pas pu montrer que j’étais bon dans ce domaine.”

      Au culot !

      Parce qu’il veut absolument travailler dans le domaine qui l’intéresse, Ariitaia pose sa candidature dans une radio privée locale. “J’ai dû “ha’avare” un petit peu (rires) en disant que j’étais super bon en son, alors qu’en fait, je n’y connaissais rien du tout ! Mais l’avantage que j’ai, c’est que je suis un super autodidacte, j’apprends vite en observant. En fait, je suivais ce que faisaient les autres techniciens. Je pense que ça vient de nos origines, on est un peuple qui observe. Mon grand-père me disait toujours : “Regarde et apprends” et ça, je m’en rappellerai toujours.”

      Après cette expérience, il travaillera à l’Assemblée de Polynésie française en tant qu’informaticien. Dans ce domaine, comme dans tout le reste, il apprend sur le tas. “Je n’ai aucune formation, j’ai tout appris par moi-même. J’ai appris le codage html, le montage informatique, le câblage des réseaux, la configuration des PC. Je faisais un travail de niveau Bac+2 alors que je n’avais même pas le bac !” En plus, il s’occupait aussi de la prise de son durant les réunions de l’assemblée, des visites des scolaires. Il était aussi en charge du marché informatique de l’APF.

      C’est à ce moment-là qu’il découvre l’infographie. “J’avais un collègue qui faisait de l’infographie. Il m’a installé le logiciel et j’ai commencé comme ça. Au début, c’était difficile mais petit à petit, je me suis amélioré. J’ai découvert que j’étais un artiste !” Très rapidement, Ariitaia devient un expert en la matière et commence à vendre ses productions.

      Entrepreneur

      La découverte de l’infographie encourage Ariitaia à se mettre à son compte. Avec toutes les connaissances dont il dispose et son aptitude innée pour l’apprentissage autodidactique, il décide donc, en 2017, de monter son entreprise.

      “En fait, en 2002, j’avais déjà pris une patente mais je n’avais pas réussi parce que je ne connaissais rien à la comptabilité, à la gestion et au marketing. En 2017, quand j’ai démarré cette nouvelle entreprise, je me suis dit qu’il fallait aussi que je me forme sur ça.”

      Une formation à la Business Maker Academy

      Inspiré par l’exemple de l’un de ses amis, Ariitaia décide d’intégrer la Business Maker Academy. Retrouvez ici son témoignage à propos de son cursus à la BMA. Ce que retient notre ami, c’est que la BMA l’a vraiment bien aidé à s’accepter, à se reprendre en main, et à avancer.

      Mon grand rêve, c’est de réaliser des films

      “C’est vraiment mon objectif phare. Pour commencer, je veux me procurer du matériel professionnel pour remplacer celui que j’ai. J’ai déjà évalué la somme qu’il me faudrait pour acquérir le matériel nécessaire. J’aimerais changer le monde de la télévision locale, parce que, quand je regarde ce qui passe sur les chaînes locales, les télénovelas, tout ça, je trouve que ça n’apporte que des mauvaises choses. Je veux mettre en avant nos valeurs, notre culture. Je veux travailler avec nos jeunes. Et ensuite, je veux faire des films et viser le marché international.”

      Le message d’Ariitaia

      “Mon grand-père me disait toujours : “Lève-toi, faut pas dormi’ simmen” et c’est ce que j’aimerais dire. Il faut avoir une vision de soi-même et trouver ses propres valeurs. »

      « Il faut faire que sa vie soit un modèle pour les autres.”

      Texte : Meria Orbeck / Photo : Ariitaia Taupua / Mars 2019

      Posté dans Entrepreneurs de la BMA | 1 commentaire | Tagué business, infographie, leadership, valeurs
    • Sauvée par sa passion pour le ‘ori tahiti

      Publié à 18:00 par Ecrivain Public Tahiti, le mars 14, 2019

      Aujourd’hui, nous allons à la rencontre d’une jeune femme exceptionnelle, qui fait parler d’elle et du ‘ori tahiti (la danse traditionnelle tahitienne). Il s’agit de Tumata Vairaaroa. Elle nous raconte son parcours et ce qui la motive maintenant à partager sa passion.

      Tumata Vairaaroa est une danseuse émérite de ‘ori tahiti. Elle évolue au sein de la troupe ‘O Tahiti E, a obtenu le troisième prix de la meilleure danseuse au Heiva i Tahiti 2012, alors qu’elle n’était dans cet ensemble que depuis trois ans, et bien d’autres prix encore depuis cette date. C’est sa grande passion et sa grande fierté. Aujourd’hui, ses vidéos et tutos sont parmi les plus vus sur les réseaux sociaux.

      “Je veux danser !”

      Son envie de danser est née dans son enfance, en voyant les groupes de danse au Heiva. “Tous les ans, je demandais à ma maman de m’inscrire dans une école de danse, mais elle refusait à chaque fois en disant que mon papa ne voulait pas. Ma mère aussi aime danser mais elle n’a jamais pu le faire.”

      En effet, Tumata se heurte à son père dès qu’il s’agit de faire de la danse. “Mon père refusait que je fasse du ‘ori tahiti parce qu’il avait peur que je perde mon paréo devant les spectateurs, il ne voulait pas que je montre mon corps et ce qu’il voulait surtout c’était que je me concentre sur mes études.”

      Malgré tout, la jeune fille qu’elle était alors n’abandonne pas son rêve : “Quand j’ai eu seize ans, j’ai pris la décision d’entrer dans une école de danse traditionnelle. Ma mère le savait, elle m’emmenait à mes cours de danse, m’achetait mes couronnes, mes tenues, tout ça sans que mon père le sache !” Celui-ci finira par avoir vent de l’incartade de sa fille et ce sera le début d’une bataille de longue haleine. “Mon père s’est vraiment fâché et nous avons même dû quitter la maison pendant un petit moment. Pendant très longtemps, il a refusé de me soutenir, de venir me voir danser.”

      Le travail, la galère

      En parallèle, la jeune femme suit un cursus scolaire classique. Après son bac, elle obtient une licence d’économie et de gestion. Elle se projette sur une carrière dans l’enseignement. “J’ai toujours voulu enseigner. Je voulais devenir professeure des écoles.” Pourtant, après deux ans passés en tant que professeure-stagiaire, Tumata décide d’enseigner aux plus grands en devenant professeure d’économie et de gestion. Elle décroche son master 1 en management dans cet objectif. Cependant, la naissance de son enfant l’oblige à trouver rapidement un emploi. Elle doit abandonner son rêve… Ainsi, pendant quelques années, elle occupera différents postes au sein de sociétés locales, passant de CDD en CDI.

      En 2017, elle doit faire face à de grandes difficultés : “J’ai été licenciée de mon emploi de formatrice, ma vie de couple était devenue un enfer, mon image était bafouée. Tout allait si mal que j’ai même tenté d’en finir.” Cet acte surprend ses proches : “Mes parents n’avaient rien vu de ma situation parce que je gardais tout pour moi, je ne laissais rien voir de ce que je vivais. C’est seulement une fois que je me suis retrouvée hospitalisée qu’ils ont vu que ça allait mal.” Heureusement pour elle, ses parents sont là. Ils prennent soin d’elle et de son enfant.

      “Après, je suis restée quatre mois enfermée dans ma chambre, en pleine déprime. Je ne voulais plus sortir parce que je ne voulais pas rencontrer les gens et avoir à raconter toute mon histoire. En fait, je ne sortais que pour aller aux répétitions de danse. Et même là, je rentrais vite chez moi !” Depuis, son père ne se soucie plus d’autre chose que du bien-être de sa fille.

      Des séminaires pour s’en sortir

      Dès lors, Tumata passe le plus clair de son temps sur les réseaux sociaux. Elle voit que Steeve Hamblin, dont elle a entendu parler par un ami, organise un nouveau séminaire. “Je voulais absolument y participer parce qu’il fallait que je sorte de là !” Accompagnée de son frère, elle participe à une session premium “ Ultimate Money Maker” en novembre 2017. Sa décision est prise, elle s’inscrit. “Je n’avais plus de travail, je n’avais pas d’argent, pas de carte bleue, mais je me suis dit que j’allais trouver l’argent !” Tumata n’est pas encore sortie de sa dépression mais elle commence à en voir le bout. Arrive le premier séminaire de formation. “C’était le séminaire Compta+. J’avais peur d’y aller, j’avais presque envie d’y assister à distance ! Mais mon frère m’a secouée et obligée à me lever. Finalement, ça s’est très bien passé. J’étais dans mon élément en comptabilité et j’ai même pris le micro !”

      A partir de là, Tumata se reprend en main. Les paroles de Steeve la font réagir et elle se tourne à nouveau vers l’extérieur. “Je me suis mise à la recherche d’un emploi, j’ai passé quelques entretiens mais rien ne me convenait. Alors j’ai fait ce que Steeve avait dit au séminaire, j’ai fait la liste des choses que j’aimais faire. Et là, quand j’ai relu ce que j’avais écrit, j’ai vu que tout était en rapport avec la danse, et rien avec la comptabilité ou avec la gestion !”

      A la recherche de son “Why”

      Cette prise de conscience mène la jeune femme à réaliser dans quel domaine elle doit désormais concentrer ses efforts. Le ‘ori tahiti est, depuis longtemps, ce qui la maintient en forme et surtout, ce qui lui a permis de surmonter les difficultés de la vie.

      Alors elle réfléchit. “Je ne voulais pas ouvrir d’école de danse, je ne m’en sentais pas capable. Au séminaire BMA, j’ai appris qu’il faut répondre à une problématique. Je me suis donc posée la question de savoir ce dont les gens pouvaient avoir besoin dans la danse. J’ai noté tout ça, tout ce que je savais faire, le stylo est devenu vital (rires). Sur mon Facebook,  j’ai relevé tous les posts qui avaient le plus de like et j’ai vu que mes partages sur la danse étaient bien appréciés. J’ai fait le tour de pas mal de groupes de danse qui participaient au Heiva i Tahiti 2018. J’accompagnais des copines pour les aider à faire leurs costumes. C’est là que j’ai vu les difficultés rencontrées par les danseurs et danseuses. Ils ne savent pas comment réaliser les bases de leurs costumes. Là où moi je passe deux heures, eux peuvent passer quatre heures et pour certains, des heures à ne plus compter et sans dormir !” Ce constat désole Tumata. Consciente de ne pouvoir aider tout le monde, elle a alors l’idée de réaliser des tutoriels en vidéo sur la fabrication des éléments d’un costume. “Je suis passée par là, je sais ce que c’est de passer deux jours sans dormir. Si j’avais eu des tutos pour me montrer les techniques, j’aurais pu me reposer avant les spectacles.” Tumata se lance. Elle fait ses propres vidéos, toute seule, sans vraiment d’expérience dans le domaine. Dès le départ, c’est un succès grandissant. On en vient même à lui conseiller de ne pas donner autant. “Je veux donner. La contribution est une de mes valeurs, avec le partage. Pour moi, c’est important d’aider les autres.”

      Puis, grâce au séminaire “Train me”, elle découvre le montage-vidéo, qui rend ses tutos encore plus attrayants. “Mes vidéos ont atteint 10 000 vues et plus encore !”. Mais celle qui va la propulser est la fameuse vidéo en “slow-motion” où elle danse et qui atteindra le million de vues sur la toile ! “C’était juste pour le fun mais ça m’a donné à réfléchir…”

      Une page Facebook

      Du coup, Tumata a ouvert sa page facebook “Tumata Vairaaroa – Elite tahitian dancer & culture” où elle a regroupé toutes ses publications. Ses vidéos et tutos sont de plus en plus appréciés, commentés et partagés. Le sourire et la joie de vivre de la jeune femme, sa gentillesse et sa beauté et bien sûr, la magnificence de ses costumes végétaux dans l’écrin polynésien, sont indéniablement les ingrédients du secret de cette belle réussite… “Ce que j’aime, c’est que maintenant, mon image est associée à la danse polynésienne. Les gens ont oublié l’ancienne Tumata, celle qui avait un bon poste avec un bon salaire. Mon passé ne me fait plus souffrir, je peux en parler.”

      Les projets à venir

      “J’ai toujours gardé cette envie d’enseigner, de former les autres personnes. Ce que j’aimerais, c’est de proposer des cours de danse en ligne, qui seront payants. Je vise surtout les danseurs à l’étranger, pour les inciter à venir sur Tahiti. L’inscription donnera accès à mes vidéos de formation et en bonus, il y aura tous mes tutos à disposition sur le site. ”  

      Ce qui lui tient particulièrement à coeur, c’est de faire en sorte de transmettre ce qu’elle ressent dans la danse polynésienne. “Une fois, j’ai vu une vidéo d’une danseuse locale. La musique qui accompagnait sa danse était triste, les paroles racontait un événement très malheureux. Pourtant, la danseuse était toute souriante ! Cela m’a choquée mais surtout m’a montré qu’il est important de comprendre le texte sur lequel on danse !” Elle a donc décidé d’intégrer à son site une partie consacrée aux textes des chants et à leur traduction en langue étrangère. En plus, elle compte donner la chance aux jeunes compositeurs locaux de l’accompagner dans ses vidéos. “J’aurais l’exclusivité des compositions et eux bénéficieront de mon travail pour se faire connaître localement et à l’international.”

      Son projet ne s’arrête pas là car Tumata a bien d’autres idées en tête. Mais nous vous en laissons la surprise…

      Le message de Tumata

      “J’aime bien dire ceci :

      Que votre passion devienne vos actions de demain.

      Ce que je veux dire, c’est qu’il est important de savoir qui on est vraiment, d’aller à la découverte de ce que l’on aime, de ce qui nous passionne. Réfléchir sur soi-même et aller à la rencontre de soi-même, en fait. Et après, transmettre sa passion parce que ça peut aider les autres. Je crois que si tout le monde fait ça dans la vie, il y aura plein de solutions !”

      Texte : Meria Orbeck / Photo : Tumata Vairaaroa

       

      Posté dans Entrepreneurs de la BMA | 1 commentaire | Tagué 'ori tahiti, émotion, business, contribution, danse traditionnelle, partage, passion
    • Du marketing efficace !

      Publié à 20:20 par Ecrivain Public Tahiti, le mars 11, 2019

      Aujourd’hui, votre écrivain public préféré vous emmène à la rencontre d’une jeune femme de la presqu’île de Tahiti. Fondatrice de l’entreprise « Serendipity Graphic Design and Marketing », Vaimiti Flohr-Jimenez Calderon nous raconte son parcours et ce qui l’a amenée à devenir marketer sur Internet.

      Des débuts difficiles

      A la sortie du lycée, Vaimiti n’a pas décroché son bac. Elle devient journaliste, se forme auprès d’Alex Duprel, pour le “Tahiti-Pacifique Magazine”, ou encore Daniel Pardon et Luc Ollivier à la “Dépêche Dimanche” et au “ Fenua Orama”. De ce premier job, Vaimiti retient ceci : “Je me suis rendue compte qu’en tant que pigiste on gagnait beaucoup d’argent mais pas tout le temps, alors qu’en tant que salarié, les revenus étaient moindres mais réguliers.”

      Dès lors, elle décide de passer un diplôme de journalisme. Elle se rend au Danemark, dans une école préparatoire à l’entrée à l’Université, mais elle change d’avis lorsqu’elle découvre l’existence d’une école d’audiovisuel située en Suisse. Dans ce nouveau cursus, elle fera de l’animation 3D axée sur les effets spéciaux en cinéma, du design et du graphisme. Suite à cette formation, elle envisage de continuer dans le cinéma à Hawaii. De retour à Tahiti, où elle ne devait être que de passage, elle finit par rester. “J’ai travaillé un an dans une grande bijouterie de la place, puis j’ai décroché un emploi en tant qu’infographiste dans une imprimerie. J’y suis aussi restée un an. Donc, j’ai eu deux contrats et je n’ai tenu qu’un an à chaque fois. Je ne supportais pas d’être salariée.”

      Une première tentative

      Vaimiti se lance alors dans sa propre entreprise et monte son enseigne d’infographie. Elle découvre rapidement que l’auto-entrepreneuriat est difficile lorsqu’on n’a pas la formation nécessaire. “J’avais des craintes par rapport au contact avec la clientèle. Je détestais ça. C’était toujours une autre personne qui s’en occupait pour moi. Avec une cousine, on avait monté une affaire d’événementiel, mais c’était pareil. Je n’aimais pas devoir négocier, me vendre, parler aux clients.” Son manque d’assurance et de confiance en soi auront finalement raison de sa volonté de réussir. Vaimiti ferme boutique.

      Pendant les années qui suivent, elle relègue ses rêves dans un recoin de son esprit. Elle préfère s’occuper de ses enfants et tâche d’être une bonne mère au foyer. “C’était prenant, c’était fatigant, c’était super, mais c’était aussi ingrat. A certains moment, je me disais que ce qui me passionnait, ce n’était pas ça. J’étais frustrée. J’avais l’impression de mourir à petit feu.”

      Vaimiti compense sa frustration en dépensant -trop- l’argent de la famille. Cela va conduire son couple au bord de la crise mais va l’aider à réaliser son erreur.

      Des difficultés d’ordre personnel

      C’est en 2016 que Vaimiti retrouve le besoin de réaliser ce qui sommeille en elle. Avec son mari, ils envisagent d’intégrer la Business Maker Academy, dont ils ont entendu parler sur Internet. Mais Vaimiti préfère le laisser commencer d’abord. “Il fallait que nous fassions chacun notre chemin dans la BMA parce que nous n’avons pas la même manière de voir les choses. Il est plus axé sur l’éducation financière alors que moi, je suis plutôt dans le développement personnel, dans l’émotion.”

      Cette différence, Vaimiti ne l’a d’ailleurs pas toujours bien vécue. “L’écart entre mon mari et moi a été la plus grande difficulté à surmonter. Je ne sentais pas de motivation de sa part. J’avais l’impression qu’il ne respectait pas mes envies. J’avais besoin qu’il comprenne mon cheminement. Je pense que ce n’est pas un hasard si nous avons suivi la BMA à des moments différents. Mais d’un autre côté, il avait raison sur certains points !”

      Une nouvelle activité

      Entretemps, Vaimiti a découvert une nouvelle activité, l’Internet Marketing. Elle s’est formée au sein de l’académie Lurn Nation, fondée par un expert en la matière, Anik Singal. Elle nous explique en quoi cela consiste : “Aujourd’hui, le monde de la publicité n’est plus du tout axé sur les mêmes supports qu’il y a encore quelques années. Le support papier est amené à disparaître, car c’est coûteux et pas écologique. Maintenant, tout se fait en ligne. En Polynésie, c’est à peine voire pas du tout développé, or, cela permet de gagner beaucoup d’argent en peu de temps si tu le maîtrises. Avec le marketing sur Internet, on voit les réseaux sociaux de manière différente, comme une source de revenus possible.

      Mes prestations consistent donc à construire tout le système de vente d’un produit et je réponds ainsi au problème de visibilité qu’ont les entreprises sur Internet. Il s’agit de mettre en place LE marketing qui leur permettra d’être en tête de liste par rapport à la concurrence et qui donnera envie à la clientèle d’acheter leur produit. En parallèle, je propose aussi de former les entreprises qui font appel à moi, à construire elles-mêmes leur tunnel de vente et à gérer tout le système. L’Internet marketing est un outil puissant et je sais que ce service va propulser les personnes dont je m’occupe.”

      A terme, Vaimiti aimerait bien mettre en place des formations, en direction des entrepreneurs, mais sous certaines conditions. “Il faut être adepte de la bienveillance, veiller au respect car ce sont des outils puissants qui amènent les prospects à l’achat. Il faut avoir la bonne mentalité. Je ne veux pas former des gens qui en feraient un mauvais usage, donc ce sera ouvert à un public bien particulier, comme les entrepreneurs issus de la BMA, par exemple. Comme on le dit si souvent dans le métier : It’s not about the money, it’s about the people.”

      Servir sa communauté

      Mais Vaimiti a un projet qui lui tient à coeur, une idée qu’elle a développée en lisant Anthony Robbins, entre autres. “On doit tous avoir un projet de grande contribution pour sa communauté. Et moi, quand j’attendais mon deuxième enfant, je me suis rendue compte qu’à Taravao, il manquait de maternité, de centre spécialisé. Donc, le premier rêve que je souhaiterais réaliser pour ma communauté, ce serait d’y ouvrir une sorte de clinique où les femmes pourraient accoucher et être suivies dans des conditions d’hygiène optimales, avec une unité d’accueil des urgences et où on pourrait trouver aussi bien des médecins généralistes que spécialistes, mais également des naturopathes, homéopathes, chiropracteurs, ce genre de choses. J’ai encore d’autres projets, mais celui-là est le premier. Je me suis même fixée une date !” Mais comme elle le dit, ce n’est pas son seul rêve…

      Son message personnel

      “Je pense qu’il faut démarrer avec quelque chose que l’on connaît très bien. Quand on a besoin de faire du cash tout de suite, il faut travailler sur son expertise, quelle qu’elle soit. Une femme au foyer, par exemple, a forcément développé une expertise, pour le ménage, pour le soin aux enfants, peu importe. Il y a des gens qui n’osent pas avancer, parce qu’ils ont peur du regard de l’autre. Dans BMA, on ne juge pas. Au contraire, on se soutient les uns les autres, on s’entraide. En fait, il ne faut jamais s’oublier ni se travestir pour faire plaisir aux autres. Il faut être soi-même et se faire confiance. Aux BMA, je leur recommande de se donner à fond dans tous les séminaires de transformation car ils aident à grandir et à laisser derrière soi ce qui nous empêche d’avancer.”

      « Il faut être soi-même et se faire confiance. » (Vaimiti Flohr-Jimenez Calderon)

      NDLR : Si vous aussi, vous souhaitez partager votre parcours, votre expérience professionnelle, votre histoire ou votre passion, vous pouvez me contacter directement ou via ma page Facebook. Merci Vaimiti pour ce beau partage !

      Texte : Meria Orbeck/Photo : Vaimiti Flohr-Jimenez Calderon

       

      Posté dans Entrepreneurs de la BMA | 0 Commentaire | Tagué Anik Singal, BMA, business, entreprise, Internet Marketing, promotion, Serendipity
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